Sri Lanka, 1000 km, seul et à vélo (2015)

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Ella – Tissamaharama    Jour : 102 km    Total 511 km

Ils sont tous avec manteau et bonnet. Le patron de la guesthouse m’avait prévenu: "le matin, il fait froid à Ella". A vue de nez, il doit faire 18°c, je m’en remettrai !

Le revêtement est exécrable, la pente raide. Généralement, les descentes me permettent de me reposer mais les trois premiers kilomètres de la journée mettent à rude épreuve mes nerfs et mes patins de frein qui fument littéralement, tant je les sollicite. Les jantes sont bouillantes, je crains que les pneus n’explosent. Je fais quelques arrêts pour leur permettre de refroidir. Un comble  !

La qualité de la route s’améliore, je dévale la montagnes à près de 60 km/h, et, lentement, discrètement, sans m’en rendre compte, je gagne la plaine.

Une petite piste s’enfuit vers l’ouest, peu après Wellawaya. Au bout du chemin, au bout du monde, se trouvent les bouddhas de Buduruwagala . L’itinéraire qui y mène traverse des plantations verdoyantes et des étangs peuplés d’oiseaux et de varans.

   

Le site est aussi inattendu qu’impressionnant. Un immense rocher (20 m x 100 m) dans lequel sont sculptés des bouddhas monumentaux (9ème siècle ), le tout, dissimulé dans un bois. Un mélange d’Abu Simbel et des regrettés bouddhas de Bamiyan.

Lorsque j’arrive, je suis seul. Trois français me rejoignent. Nous quittons les lieux avant qu’un bus de touristes sri lankais n’arrive. Les lieux se dévoilent lorsqu’on profite du privilège de la solitude.

   

   

   

   

       

Je pars au bon moment…

Alors que je sirote un jus de banane à proximité du site, des militaires armés en entraînement surgissent. Ils sont près d’une centaine, empruntent la piste et disparaissent au prochain virage.

   

Je me remets en selle, et,  au milieu de la chaussée, j’aperçois une masse sombre. Suffisamment proche, je distingue un militaire, seul, couché à même le sol. A mon passage, des dizaines de soldats armés sortent des fossés en hurlant. Quelques uns empoignent l’homme à terre et le traînent à l’abri. Je passe stupéfait au milieu de ce vacarme. Lorsque je m’éloigne, les cris continuent et des coups de feu se font entendre (à blanc j’imagine…). Je pense à ce moment-là : « Eh les gars, il y a des endroits pour faire ça, on est sur la voie publique ! »

Je retrouve satisfait l’A2, direction plein sud. Je roule à 26/27 km/h, je vole presque. J’aperçois un grand nombre de varans traversant la route.

Après 70 km, je m’arrête déjeuner dans une cabane de bord de route. Aussitôt, les enfants prennent mon vélo d’assaut et insistent pour être pris en photo devant. Pour 150 rs (1 euro), on me sert une grande assiette. Je ne reconnais aucun des ingrédients hormis le riz et le poisson. Un délice, épicé et inconnu.

   

   

Je repars pour la trentaine de kilomètres qu’il me reste à parcourir.

Un délice inconnu mais surtout épicé ! En plus d’avoir les jambes et les bras en feu, j’ai désormais tout l’appareil digestif en combustion par 35°c à l’ombre…

J’atteins Tissamaharama vers 13h30 . Je négocie avec patience et pugnacité un lit que j’obtiens avec une bonne réduction. Conséquence : j’ai une belle chambre spacieuse et propre, avec eau chaude et donnant sur un joli jardin ombragé. Je vais donc y rester deux nuits, j’ai quelques lieux à visiter dans les environs.

Je me repose une bonne heure puis pars en direction du grand Dagoba blanc (stupa) visible de tous les environs. Haut de 55,80 m, il attire, tel un phare, les nombreux fidèles.

   

   

A proximité du dagoba, des canaux louvoient entre la route et les rizières. Ces derniers sont assaillis par les sri lankais : baignades et bain pour échapper à la forte chaleur qui sévit dans l’après-midi.  Me voyant passer avec mon appareil photo, certains insistent pour que je prenne des clichés. Ce sont des scènes de joie, de liesse auxquelles j’assiste. Une ambiance paisible et rieuse…   

   

   

   

   

   

A l’hôtel, Lakshita me prête son pc afin que je sauvegarde mes photos.

 

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Photos et textes © Pierre Letienne