Sri Lanka, 1000 km, seul et à vélo (2015)

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Kandy – Nuwara Eliya    Jour 75 km    Total : 351 km

C’est fait, j’ai rejoint, sur ma selle, Nuwara Eliya !

Je suis donc parti vers 6h15, accompagné des deux allemands. Petit résumé de ma promenade…

Nous sortons de Kandy (400 m d’altitude), il fait à peine jour et la ville se réveille à peine. Je hume avec plaisir les diverses fumées matinales transpercées par une douce lumière. Belle ambiance.

Pendant 20 kilomètres, la route est à peu près plate.

Mes compagnons d’échappée impriment un rythme soutenu. Pourtant, ils pédalent en sandales/chaussettes et ne semblent pas décidés à s’arrêter alors qu’un bruit anormal, sur l’un de leur vélo, se produit à chaque tour de roue. Je suis impressionné par tant d’aisance. Deux scénarii se profilent : ils sont très entraînés et j’aurai des difficultés à les suivre ou ils se brûleront les ailes.

La route s’élève peu à peu, je les distance, les attends, les distance à nouveau, je ne les reverrai jamais.

Il me reste une quarantaine de kilomètres d’ascension. J’ai adopté un rythme régulier, mes sensations sont bonnes, les paysages superbes.

   

Arrêt à Pusselawa. Les samosas sont spicy, very spicy mais la pause sur les marches d’une petite échoppe me requinque.

Les choses sérieuses commencent. La route s’élève avec insolence, les plantations de thé bordent le ruban d’asphalte, les femmes, courbées, ramassent inlassablement les précieuses feuilles. Lorsque leur sac déborde, elles l’emmènent à la pesée, promesse de quelques roupies gagnées à la sueur de leur front…

   

   

   

Certaines parties sont raides, parfois très raides. 10 km/h, puis 8 km/h. Bientôt 6 km/h, enfin 5 km/h . En dessous de cette vitesse, le vélo peine à garder son équilibre et mieux vaut marcher.

La chaleur est étouffante, la sueur me coule dans les yeux provoquant de pénibles picotements. Je vide les  bouteilles d’eau, de jus, de soda, les unes après les autres. Il m’arrive de boire 10 litres de liquide par jour depuis mon départ. Aujourd’hui, je bois encore davantage…

Je m’arrête sur le bord de la route. Une petite, très petite dame souhaite monter sur mon vélo.  Les tentatives sont vaines, la selle est sans doute trop haute…

   

   

60 km, 60,2 km, 60,3 km, 60,35 km… Les kilomètres à 6 km/h défilent à un rythme désespérément lent.

Un tuktuk me double et m’invite à m’accrocher. Je ne me fais pas prier pendant une cinquantaine de mètres avant de lâcher prise, honteux de ne pas gagner cette ville à la force des mollets et conscient du danger que cela peut représenter…

Le kilomètre 70 est franchi lorsque je passe sous une banderole. Je n’ai plus besoin de lever les yeux pour voir la route.  Cette dernière plonge dans la vallée. Un col, une banderole, une « victoire ».  Tous les ingrédients du Tour de France sont réunis, et, pour ma part, je viens de remporter la plus belle étape ! Plus sérieusement, je suis satisfait et soulagé de filer à toute allure vers Nuwara Eliya.

Chambre miteuse, prix dérisoire. Il est 12h30.

Nuwara Eliya est une petite station d’altitude, entourée de plantations de thé, adoptant quelques détails "so british". Le golf, par exemple, dénote avec le centre-ville typiquement sri lankais.

Je déjeune, je me repose dans le joli Parc Victoria, je prends des photos dans le bazar, je bois un petit café crème, j’ai mal aux jambes.

       

   

   

   

   

   

   

Petit pull ce soir, nous sommes à 1886 mètres d’altitude.

 

 

 

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Photos et textes © Pierre Letienne