Spitsberg, 78° Nord, la dernière limite (2006)

 

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Elle nous dépose à 1H00 du matin et repart. Nous montons le camp dans un décor surréaliste. Nous sommes au bord de la mer, nichés à l’abri du vent au pied d’une corniche faisant face à des immensités glacées qui paraissent sans limite. Des nuages noirs chapeautent l’horizon.

Le jour ne décline pas, nos paupières non plus… Nous nous couchons à 4h30.


« Un ours ! ».

Je reconnais la voix de Tito, je me lève sur le champ sans même enfiler ma doudoune ou les chaussons de mes chaussures.  L’ours est à 2OO mètres, il progresse lentement le long de l’eau. Parfois il s’arrête, nous regarde, puis reprend sa marche pataude.

   

Après une heure d’observation mutuelle, l’ours s’éloigne puis disparaît. Nous partons aussitôt à la recherche de ses traces.

   

Je constate avec effroi que l’ours a dormi à moins de cent cinquante mètres de la tente…  La taille du trou nous laisse jauger la taille de la bête. Les vents soufflant dans sa direction, il semble ne pas avoir senti notre présence.

   

Nous prenons un bref petit déjeuner puis nous nous équipons pour explorer plus en profondeur le fjord délimité par ces immenses falaises et le glacier Van Post au fond. Nous partons à ski puis tentons de trouver un passage pour accéder à la banquise.

   

Le mouvement des marées casse la glace tout le long de la rive.

   

Nous poursuivons enclavés entre ces immensités de glaces, de neige et de roc. Parfois un cadavre d'oiseau soigneusement nettoyé nous informe de la présence du renard polaire.

Enfin, une coulée d’avalanche partie des corniches nous surplombant, nous permet de prendre pied sur la banquise, nous posons le pied sur la mer. Au fond, les glaces bleutées du glacier Van Post, miroitent au soleil.

Nous progressons vent de face puis faisons demi-tour, la neige est mouillée, la progression est rendue plus difficile. Nous rentrons face au soleil.

Il est parfois difficile de se frayer un passage avec la pulka, les blocs de glace, ralentissent parfois notre marche.

Les phoques nous observent, je décide de m’en approcher, mais lorsque j’arrive à vingt mètres, je me rends compte que j’ai perturbé leur sieste, ils disparaissent aussitôt dans un trou dans la banquise.

    

Les traces régulières de l’ours sur la neige trahissent sa quête : se nourrir de phoques, elles se dirigent vers les blocs de glace et les trous, à la recherche de son déjeuner.

   

Ce soir, la décision est prise, nous monterons la garde à tour de rôle. Avec Jean-Bernard, nous devons assurer le créneau 5h30-7h00. Nous nous couchons.

 

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Photos et textes © Pierre Letienne