3h00,
juste le temps de me préparer et d’avaler une tasse de thé,
je rejoins les suédois pour tenter le sommet. Nous partons à
4h00, il fait nuit noire, mes sensations sont bonnes mais je
ne me fais pas trop d’illusions. Cela fait moins de trois
jours que je suis sur la montagne, mes compères sont
beaucoup plus acclimatés…Ils ont gravi quelques jours plus
tôt, le Mont Ararat en Turquie ( 5150 m ). Je les ai
prévenu, s’ils marchent trop vite, ils ne m’attendent pas.
Si tout se passe bien, il nous faudra certainement plus de
sept heures pour atteindre le sommet.
Le
ciel s’éclaircit timidement. La mer de nuage emplit toujours
la vallée, la température est acceptable et le vent absent.
La mer
de nuages se disloque avec le jour, les premières lueurs
apparaissent, loin, très loin derrière les montagnes
d’Afghanistan, nous devinons au sud les lumières de Téhéran
et l’ombre de la montagne, de notre montagne, écrase ces
vallées reculées. Nous sommes à 4800 mètres d’altitude.
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Vers
5000 mètres, mes jambes sont fatiguées mais ma tête
fonctionne. Je me sens bien, conscient de l’endroit où je me
trouve, conscient du petit point que je représente sur cette
carte du monde que je contemple tant.
Les
premiers rayons du soleil effleurent ma peau, le vent
glacial se lève, la température chute.
5100,
5200, 5300 mètres d’altitude, je commence à croire au
sommet. L’oxygène se raréfie, chaque pas dans la neige,
chaque geste me le prouve.
Vers 5400 mètres, les fumerolles me rappellent que nous
sommes sur un volcan ; les vapeurs de souffre m’asphyxient,
je n’ai plus de force, je suis vidé. L’odeur d’œuf pourri
m’emplit la gorge comme pour m’empêcher d’avancer. Je
concède un mètre, bientôt dix, à mes amis suédois…
Puis
8h30, 5671 mètres d’altitude, 130 km/h de vent et par une
température de –15°c, je suis en compagnie de Frederik et
Tale au sommet de l’Iran, le Mont Damavand !
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Je crois apercevoir la tente où Gatien doit dormir quelques
2670 mètres plus bas. Au nord la Mer Caspienne couverte de
nuages, à l’est l’Afghanistan, l’horizon est infini, les
pensées le sont aussi.
Nous avons mis quatre heures trente pour monter, soit deux
heures trente de moins que le temps préconisé.
Nous
ne restons guère longtemps à cet endroit tant convoité. Le
froid est mordant, l’altitude et ses méfaits nous invitent à
redescendre.
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Après
une descente rapide, quelques rencontres d’iraniens
terrassés par l’altitude, quelques glissades sur les longs
névés, nous arrivons au Shelter 3 à 10h30 soit six heures et
demi après l’avoir quitté !
Je me
repose une heure, récupère mes affaires, Gatien m’attend au
Camp 2 à 3000 mètres. J’y arrive à 13h30 après avoir croisé
et discuté avec des dizaines de groupes iraniens en quête du
sommet.
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La peau de mes orteils n’est qu’un vague souvenir, elle
n’existe plus. Il m’est impossible de remettre mes
chaussures après les avoir ôtées.
Gatien, pendant mon absence, a fait beaucoup de rencontres
d’iraniens, parfois les mêmes que ceux que j’avais croisé.
Il a eu régulièrement de mes nouvelles par ce biais.
Frederik et Tale arrivent vers 19h00, nous leur offrons le
thé pour fêter cette intense journée.
21h00,
je m’endors, mort de fatigue, les pieds scalpés et
douloureux.
06/08/04
Réveil
7h30. Il fait trop chaud, journée off.
Les
suédois s’en vont, nous passons la journée à nous reposer et
à converser avec les iraniens de passage.
Nous
négocions avec Massoud, le taxi du lendemain, il vient fumer
sa clope avec nous comme chaque soir.
07/08/04
Mauvaise nuit, réveil 7h00, nous démontons le camp et
prenons la route pour Téhéran avec Hassan, notre taxi.
Deux
heures plus tard, 40 °c, les klaxons et l’air suffocant,
nous sommes bien à Téhéran…
Bien
qu’il ne soit pas autorisé à le faire, Hassan nous dépose à
l’hôtel.
Douche, décrassage et soin des pieds, un petit tour sur
Internet et un repas bien mérité dans un fast-food.
Nous
rencontrons un iranien qui suspectant notre incompréhension
face aux menus, nous passe la commande et déjeune avec nous.
Nous
marchons plusieurs kilomètres pour nous rendre au bureau
d’Iran Air, nous voulons réserver des billets pour Ispahan.
Mauvaise file d’attente et pas de passeport, aller-retour à
l’hôtel.
Les
vols pour Ispahan sont complets jusqu’au 12, nous réservons
le vol du 12 au 14 août et l’hébergement dans la foulée mais
il nous manque quelques dollars… Nouvel aller-retour à
l’hôtel.
L’hôtel Koswar où nous avons passé deux nuits ( payées en
France à 51 euros ) nous fait payer la troisième 100 $…
Urgence, nous devons trouver moins cher ! Nous téléphonons a
plusieurs hôtels, nous nous arrêtons sur l’Hôtel Shiraz, 40
$ la double petit déjeuner inclus.
Nous y
réservons sans attendre la nuit du lendemain.