Iran, à cœur ouvert... (2004)

 

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Lever 5h45, à 7h30, après avoir déambulé dans une gare routière aussi immense que tentaculaire, nous sommes dans le bus pour Noshar.  La route est celle de Reyneh.

 


 

Lors d’une pause, un vieux bonhomme ne se retient pas de nous interpeller pour critiquer ouvertement le régime dictatorial qu’il subit avec ses compatriotes.

Nous progressons lentement sur ces routes de montagne, et, de dépassements hasardeux en freinages de dernière minute, nous arrivons quatre heures plus tard dans la plaine, où l’air est plus respirable et les sols plus verts. Nous sommes à Amol.

Nous apercevons enfin la Mer Caspienne, un vert émeraude qui contraste avec le grisâtre environnant. En effet, la route côtière n’est guère pittoresque ; la cote est en pleine expansion immobilière, le plus souvent anarchique et peu soucieuse des préoccupations environnementales.

Nous arrivons à Noshar après six heures de bus, le chauffeur nous dépose devant l’hôtel.

Première impression : excellente, une magnifique façade de lierre sur de la vieille pierre…

Impressions suivantes, plus que décevantes… Le personnel ne parle pas anglais et ne brille pas par son amabilité, il n’y a pas de serviettes de toilette ( l’hôtel n’en possède pas ! ), pas de draps dans les lits, la seule chaîne de télévision occidentale est God TV ( programmes religieux catholiques ), la douche fuit, pas d’accès Internet et notre chambre donne sur une route très passagère, le bruit est perpétuel. Ajoutons à cela qu’il n’y a rien à deux kilomètres à la ronde et que le prix de la chambre double est de 60 $ !

Nous avions entendu dire que sur la côte, les locaux étaient moins chaleureux que partout ailleurs dans le pays.

Nous dînons dans un burger restaurant, le patron est très sympathique, il a beaucoup voyagé et parle couramment anglais.

 


 

 

Lever à 7h45, nous prenons un taxi pour nous rendre au Mont Mendovin, un téléphérique surplombant la Mer Caspienne.

Le chauffeur est un ancien de l’armée de l’air, il a œuvré lors de la guerre entre l’Iran et l’Irak. Très dévoué, il nous réserve les billets de retour pour le lendemain. Il semble enchanté de travailler pour des français malgré notre loi contre le voile à l’école. Il nous accompagne jusqu’à la caisse du téléphérique pour être sur que nous parvenons à bon port.

La montée est rapide, du sommet, la vue s’étend sur les collines boisées et l’immensité de la Mer Caspienne. L’air y est frais, les familles s’y promènent, nous suscitons encore et toujours la curiosité dans une région qui ne semble pas voir beaucoup de touristes.

Nous redescendons, prenons un taxi ( 100 km/h en ville, musique occidentale à fond alors qu’officiellement interdite ) et rentrons à l’hôtel.

Programme de l’après-midi : un plouf dans la Mer Caspienne.

Une plage pour les femmes, une plage pour les hommes, à 500 mètres l’une de l’autre ceinturées par des murs et des bâches



 

La plage est sale et les galets plutôt inconfortables, un pédalo rouillé des années 1940 trône sur le bord.

Nous piquons néanmoins plusieurs têtes dans l’eau à 28°c. Le bain est providentiel avec cette écrasante chaleur.

Petite promenade dans Noshar, petit bourg qui n’a comme intérêt que de nous immiscer dans une petite ville iranienne qui ne voit jamais le moindre touriste occidental.

Petit restaurant, et, écrasés de fatigue, nous nous couchons à 20h00.

 


 


Longue journée en perspective….

Départ 7h00, officiellement, quatre à cinq heures de bus… sans compter les contretemps techniques…

Au bout d’une heure, le moteur fume… à l intérieur du bus. L’air est suffoquant, nous devenons bleus, verts, rouges, blancs… enfin, le bus daigne s’arrêter, les portes s’ouvrent, l’oxygène refait son apparition.

Un coup de clé à molette, nous repartons.

Une demi-heure plus tard, nous sommes de nouveau asphyxiés.

Nous sommes plantés sur le bord de la route par plus de 40°c à l’ombre.

Des bus s’arrêtent, nous montons dans un vieux bus Mercedes sans clim avec en guise de chauffeur, un pilote de course automobile. Le vieux bus est à la peine dès que la route s’élève. Nous roulons cependant à « tombeau ouvert » dans les descentes.

 

   
 

Terminus dans le nord de Téhéran, la chaleur est suffocante, elle doit avoisiner les 45°c.  Nous hélons un taxi.

15h10, nous sommes à l’hôtel, neuf heures après avoir quitté les bords de la Mer Caspienne.

Dans les couloirs, nous rencontrons trois jeunes irakiens nous nous entretenons deux heures et demi avec eux. Nous abordons le thème de l’occident mais aussi celui de la guerre en Irak ou de Georges Bush. Il sont de Karbala et ont obtenu pour la première fois l’autorisation de quitter leur pays , chose interdite sous le régime de Saddam Hussein. Echanges riches et profonds entre Islam, amour et ouverture vers l’autre.

Nous échangeons nos mails, nous nous prenons en photo, allons dîner et, morts de fatigue, allons nous coucher.

 

   
 

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Photos et textes © Pierre Letienne