Paris - Cap Nord en famille et en fourgon... (2013)

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Jour : 258 km   Total : 2628 km

J’ai rangé mes tongs après avoir repoussé au maximum cette échéance.

Il pleut des cordes, le vent est fort, l’air glacé.

Dans de telles circonstances, autant avaler les kilomètres. Impossible de se poser pour bouquiner ou se reposer, les petits sont calmes lorsque nous roulons, difficiles à contenir dans les 8 m² d ‘espace disponible lorsque nous sommes à l’arrêt. Nous roulons donc en attendant des conditions plus clémentes.

Objectif : Geiranger.

   

Pause-déjeuner dans une station-service, tout comme hier.

Le coût de la vie est exorbitant en Norvège. La bouteille de Coca Cola que me tend les bras dans la station service est à 7 euros, je me rabattrai sur la délicieuse eau du robinet remplie sur le port de Flekkefjord quelques jours plus tôt. Sachez cependant que dans les stations-services Statoil, le hot-dog est à 10 kr soit 1,30 euro. Une excellente affaire et quelques dizaines de grammes de réconfort dans cet environnement rude et humide…

Les kilomètres défilent, petite pause à Styrne pour que les petits se défoulent. Nous sortons le vélo sur le parking d’un supermarché… Dit comme cela, ces vacances feraient rêver n’importe quelle loutre…

   

Vous allez me dire « l’important, c’est d’être en famille ! » Mais non, le problème est là justement. Si nous étions sans enfant, la situation serait moins complexe (et j’aurais enfin le temps de lire quelques pages). Enfin, mon moral ne flanche pas, animé par un optimisme indestructible qui a tendance à agacer Anne-Gaëlle…

Les tunnels sombres et interminables se succèdent. Nous passons un col, des plaques de neige recouvrent les bas-côtés. La pluie, aidée du vent redouble d’efforts pour nous réduire la visibilité. La descente est vertigineuse.

Des dizaines de cascades. De l’eau partout qui coule du ciel, des montagnes, sur la route, qui tambourine sur le pare-brise. La Norvège possède du pétrole et de l’eau douce en quantité astronomique, elle est sauvée. Nous sommes trempés.

   

   

   

   

Enfin, le fjord Geiranger s’offre à nous. Un camping, une douche pour deux jours de repos bien mérités, 2628 km après avoir quitté Paris.

   


Jour : 221 km   Total 2849 km

La journée débute par l’habituel constat qu’il a plu toute la nuit. L’eau tambourine sur la tôle. En guise de repos, nous reprenons donc la route. D’autant plus que la météo n’annonce pas d’amélioration dans les jours à venir. Départ tardif à 13h30.

La vie à bord (avec toute cette flotte, je prends le droit de me considérer à bord) n’est pas des plus facile mais nous rivalisons d’imagination pour que les petits jouent et ne s’ennuient pas. J’espère simplement, si le mauvais temps persiste, ne pas me transformer progressivement en marionnette.

La route s’élève en surplomb du fjord Geiranger. L’eau et le ciel sont d’une couleur indéterminée. Les kayaks sont des confettis...

   

   

   

   

Nous gagnons la Trollstigen (route des Trolls). Un serpent de bitume à 9% et 11 virages. Aucune visibilité puis une fenêtre inespérée (de quoi renforcer mon optimisme encore intact) pour photographier cette route étonnante.

   

   

   

   

   

Nous repiquons plein est pour tenter de retrouver un peu de ciel bleu. Je fais plein de théories à Anne Gaëlle et toutes arrivent à la même conclusion : nous aurons du beau temps. Quand ? où ? Mes compétences scientifiques (inexistantes) ne peuvent pas le dire avec précision.

Nous sommes sur l’E6, l’Arctic Road, la route qui mène au Cap Nord.

   

   

Bivouac merveilleux au cœur de petites montagnes et un discret rayon de soleil sur le pare-brise vers 20h00. Evidemment, je suis le seul à l’avoir vu, mais il y en avait un, je le promets !

       


Jour : 219 km   Total : 3068 km

Gaspard a gravi sa première montagne au saut du lit, à la faveur de quelques rayons de soleil. (Je vous avait bien dit que le soleil était apparu hier…). Nos redescendons vainqueurs et fiers des 50 mètres gravis et la pluie se remet à tomber.

   

 

Les montagnes se sont aplaties, les vallées se sont évasées.

Deux heures de promenade agréables et humides à Trondheim. Gaspard nous suit ou nous précède à vélo. Une glace afin de donner une « touche vacances » à notre périple, malgré ce petit vent frais et transperçant.

   

   

   

           

   

   

60 km plus au nord, nous trouvons un petit camping en espérant cette fois-ci y rester deux jours pour souffler. Tout dépendra du temps.


Jour : 347 km   Total : 3415 km

Devinez…  Il a plu toute la nuit. Nous faisons donc manger les petits et reprenons la route.

Les paysages sont attrayants, douces collines, forêts denses et lacs paisibles. Mais sous cette pluie, tout est gris. Fort heureusement, la route permet de rouler à vive allure.

   

Arrivée dans la sinistre Mosjoen où nous faisons quelques courses à Rema 1000, supermarché scandinave aussi froid que sombre, triste occasion de faire marcher les petits.

Nous le savons, les cieux seront plus cléments, il faut persévérer.

Nous traversons ensuite la ville fantôme et désertée, semble-t-il de ses habitants. Nous sommes en quête d’un restaurant. Ne nous laissons pas abattre, nous avons le droit de vivre des petits instants réconfortants. Découragés par les prix astronomiques du seul fast-food ouvert, notre réconfort sera fait de deux barquettes de frites à la station-service. 

Les petits sont sages, ils s’accommodent de tout. Ce qui nous embête, c’est de dire à Gaspard : « Quand il fera beau, nous irons nous baigner dans les lacs, nous irons faire du vélo… ». Car tous les jours, la pluie est de retour.  D’autant plus, que nous nous dirigeons tous les jours un peu plus vers le grand nord et que les températures risquent de chuter…

A la sortie du bourg, un petit lac. La pluie cesse. L’occasion de jeter quelques cailloux dans l’eau et de tremper les pieds. Pour le moment, les bottes sont encore indispensables mais le vent va tourner, je vous le dis ! Le lieu est paisible, nous sommes contents d’être à l’extérieur.

   

 

 

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Photos et textes © Pierre Letienne