Inde - Pakistan, 40 jours ailleurs (2006)

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Nous partons vers midi à la gare ferroviaire, où nous devons prendre le train pour Jaipur . Il part à 14h15, impossible de savoir à quelle heure il arrive précisément. Il y a bien un gars à Dharamsalah qui avait tapoté sur son pc et nous avait dit qu' il mettait environ 7 heures, ce qui nous ferait arriver vers 21h30...

Nous arrivons à la gare, nous nous asseyons sur un muret. Un attroupement d'hommes se constitue autour de nous. Ils semblent intrigués. Je pensais que le fait que nous soyons étrangers retenait leur attention. Mais non, ils sont intrigués, tels de grands gamins par ma montre. Ils sont plantés devant nous, et enfin, l'un d'eux ose me demander l'heure. Un " ouahhhhhhh " collectif et il y a une dizaine de types qui se poussent pour observer ma montre. Nous discutons un quart d'heure, ils nous apprennent que le train devrait arriver vers 8h00... du matin. Nous allons sur le quai, nous rencontrons un anglais qui nous informe qu'il devrait arriver vers 9h00... du matin également. Cette fois c'est sûr, nous risquons de passer la nuit sur les rails.

Le train arrive, nous y montons. Les wagons sont assez bien agencés, même en deuxième classe (où nous étions). Ce sont des trains à banquettes rabattables qui se transforment en couchettes, un peu comme les trains en France. La comparaison s'arrête là. Les portes restent grandes ouvertes pendant tout le trajet, des gamins pieds nus montent et descendent en marche, les fenêtres restent ouvertes également. La promiscuité ne dérange personne. Tout le monde met ses pieds n'importe où, le sol est jonché de détritus, on se fait passer un saladier, tout le monde prend à pleine main des poignées de riz. Dans notre compartiment, un type étend tout son linge. Il prétend dur comme fer parler anglais et pendant une heure il me parle. En une heure, j'air reconnu deux mots : " very beautiful " ou plutôt "vely boutiful". Accompagné de deux dames, ils sont néanmoins charmants, nous offrent à manger, surveillent nos affaires. Les femmes s'étonnent qu'Anne Gaëlle ne porte pas de bijoux, elles nous montrent fièrement leurs bagues et boucles d'oreilles...

Nous parvenons tout de même à nous endormir...


Arrivée à Jaipur, 9h30... du matin. Fort heureusement, il s agissait d'un train express (20h pour 823 km). Nous avons néanmoins dormi quelques heures. Nous prenons un Rickshaw jusqu' à l'hôtel. Le programme de la journée ne sera pas trop contraignant: se doucher / manger / dormir / internet / manger / dormir... Demain, on visite, c'est promis !

 


Nous partons de l'hôtel vers 11h00, plan en main, bien décidés à découvrir les merveilles de la vieille ville. Nous finissons par nous perdre. Nous prenons un pousse-pousse dont le chauffeur semble connaître aussi bien la ville que moi... Il nous dépose à la porte de la vieille ville et nous continuons à pied.

Jaipur est la capitale du Rajasthan, région désertique à l'ouest de l'Inde. Cependant, la mousson touche chaque année Jaipur et semble y arrêter sa course vers l'ouest. 3 millions d'habitants, ville polluée et agitée, ville moderne parfois, pauvre souvent et terriblement miséreuse à certains coins de rue.

   

   

   

   

La misère semble être parfois moins visible dans les campagnes, parfois peut être, on pense s'y habituer. Souvent, elle vous rappelle à l'ordre. Le Rajasthan est célèbre pour la beauté de ses palais, fruit de la richesse et de la folie des maharajas. Mais au coin d'une rue, des gens n'ont rien. Rien au sens propre du terme. Des familles vivent sur des trottoirs, allongées à même le sol. Des familles, un père, une mère, qui élèvent leurs gamins, les lavent avec une bouteille d'eau, leur font des câlins et semblent ne pas avoir la force de mendier quelques roupies. Ce qui est difficile en Inde, plus que la misère (que je ne minimise pas !), ce sont les contrastes. Un palais somptueux, et à 50 m, des familles qui se sont octroyées deux mètres carrés de trottoir. 50 mètres les séparent, 50 mètres pour passer d'un monde à l'autre, 50 mètres qui en sont des milliards... Pour nous, 50 mètres, c'est 50 mètres, et ce ne sont pas les 5 roupies que l'on donne de temps à autre qui allègent notre conscience...

Nous entrons dans le City Palace, un palais emprunt d'influence Mogohl et Rajahstanie. Il commence à pleuvoir, nous prenons un rickshaw.

Kumal notre chauffeur, parle anglais et un peu français, il nous parle de Toulouse, l'autre ville rose... Il nous dépose déjeuner et nous l'embauchons pour nous conduire au Fort d'Amer, à 11 km de Jaipur. Sur la route qui nous y mène, nous croisons un nombre incalculable d'éléphants. Le fort d'Amer est un immense édifice accroché à la montagne, dominant les collines environnantes..

   

Nous y déambulons, entre escaliers, arches, porches, sombres couloirs, cours et jardins intérieurs. Il est doté de multiples passages. J'observe scrupuleusement le chemin emprunté, puis au bout d'une heure, nous décidons de faire demi-tour, de peur de ne pas retrouver la sortie... Encore une fois, les rencontres sont très amicales, on nous serre la main, on veut figurer sur nos photos...

     

   

    

   

Nous retournons à Jaipur et passons devant le Water Palace, mirage surgit au milieu du lac.

   

Kumal nous apprend que se déroule à 17h00, le Deej festival, festival qui célèbre l'arrivée de la mousson. Nous assistons à quelques danses, mais Kumal nous emmène, nous promettant une place de choix pour assister à la parade qui rassemblera chanteurs, danseurs, musiciens, éléphants et dromadaires.

Une entrée gardée par des militaires, un escalier et une immense terrasse en longueur, couverte de tapis verts sur lesquels sont disposes quantité de chaises. Effectivement, cette tribune domine la rue principale. La rue est bondée, les gens sont montés sur les toits, les balcons et s'alignent sur les trottoirs.

Nous comprenons assez vite que les critères pour accéder à cette terrasse sont binaires : tu es blanc tu montes, tu es indien, tu restes dans la rue...

Nous découvrons ce à quoi nous avions échappé auparavant: le tourisme de masse et ses effets pervers, cloîtrés, parqués, comme pour mieux se protéger. Se protéger de quoi ? De la misère, des agressions, de la saleté ? Se protéger des gens, des rencontres, des échanges ? Se fondre dans la masse ou dominer la foule ? Je ne m'étendrai pas trop sur ce sujet, mais nous ne voulons pas de cette tribune présidentielle. Nous redescendons, nous nous noyons dans la foule, et soulagés, profitons de cette belle fête.

   

   

   

   

   

   

Toujours et encore, on nous aborde, ou on se plante devant nous sans rien dire, juste par curiosité... Nous engageons donc la conversation... " Everybody on the picture "... Un énième photo de groupe.

 

 

 

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Photos et textes © Pierre Letienne